17/01/2014

SHITZ PAR LISA


À peine entré dans la salle, on est déjà dans l’ambiance : des tables, des boissons et un accueil théâtral. Le spectateur devient comédien et le comédien est spectateur de son public, en plus de jouer son rôle. Comment jouer SHITZ de Hanokh Levin autrement ? Les fréquentes adresses aux public et l’intégration des changements de décor et d’accessoires demandent cet esprit de cabaret, extrêmement bien mis en scène dans cette pièce.

Alors comment prendre de la distance et rester spectateur quand on est sur scène et qu’on voit une partie des coulisses ? On ne peut pas, le spectateur joue lui aussi son rôle, bon gré mal gré, et s’implique dans l’histoire sans difficulté.
Dans SHITZ, Hanokh Levin, met en scène une cellule familiale où l’égoïsme de chacun des protagonistes atteint son paroxysme, à tel point que toute relation est intéressée. Intérêt affiché au grand jour et accentué par les dialogues où chaque intervenant parle de lui-même à la 3ème personne.

J’ai admiré la manière dont la grossièreté de langage et d’attitude est fondue dans le jeu et la personnalité des protagonistes. C’est une véritable performance de parler et d’agir aussi mal de manière anodine, et d’user de vulgarités comme s’il s’agissait d’un simple patois local.

Cette pièce, bien que plus proche du cabaret que du théâtre comme on l’entend aujourd’hui, est un véritable bijou de texte et d’interprétation que nous ont présentés le metteur en scène Hervé Loichemol et les quatre comédiens de SHITZElle aborde avec beaucoup d’humour, les vérités lourdes et sordides d’un quotidien familial en pleine explosion.

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