01/11/2013

POMPEE PAR ELENA

Plus l’heure avance plus l’impatience monte quand on va assister à une représentation d’une pièce du grand Corneille. On sait que le texte, l’essence même du théâtre et cela particulièrement à l’époque du dramaturge où les actions que l’on avait le droit de représenter sur scène étaient plus que limités, sera de qualité, de même que l’intrigue. Mais qu’en sera-t-il de la mise en scène ? Sera-t-elle classique, moderne ? A quoi s’attendre ?

                                                                    © Cosimo Mirco Magliocca
 

L’attente est de courte durée puisque dès l’ouverture de la pièce  un ordinateur portable trône sur la grande table qui fera office de seul décor tout au long de la représentation. Les costumes passent du pyjama satiné au costard blanc, en passant par des uniformes militaires. Si la proposition déroute au départ on finit par s’y faire et même, en ce qui me concerne, par l’apprécier. La modernité affichée se traduit également par des choix de mise en scène audacieux, tel Cléopâtre et César batifolant sous la table, ou le chef du conseil Photin palpant l’entre-jambe de son roi. Qu’on est loin de ce qui devait se faire au XVIIème !
 
Les vers, magnifiques, sont déclamés pour la plupart avec grand talent, avec un bémol toutefois pour certaines longues tirades où l’on aurait bien aimé que les comédiens prennent plus leur temps et ménagent un peu leur souffle, afin que leurs mots parviennent au public suffisamment articulés pour être compréhensibles et à un rythme qu’il est possible de suivre.
 
Quant aux choix d’interprétations des personnages certains m’ont convaincus, d’autres moins, mais c’est ici une question de goût personnel. Cornélie, proche de la folie suite à la perte de son époux, m’a touchée, alors qu’elle en a agacé certains. Ptolémée, roi d’Egypte bondissant, hurlant, pleurnichant, m’a paru grotesque, et en a amusé d’autres. Il faut reconnaître à Brigitte Jaques-Wajeman d’avoir pris le risque de ne pas présenter des personnages trop « plats » : on les aime ou on les déteste, mais en tout cas ils ne laissent pas indifférents.

Elena Cors

Aucun commentaire: