08/11/2013

ARTAUD-BARRAULT PAR MORGANE


Artaud et Barrault : deux noms qui ne me disaient rien jusqu’à mardi soir. Depuis, je les vois comme deux amoureux du théâtre qui m’ont beaucoup touchés.

Le spectacle commence par un montage vidéo sur Barrault qui, même s’il est utile pour avoir un aperçu de sa personnalité, m’a un peu laissée sur ma faim : rien n’y est dit sur Artaud. Or, le nom de la pièce m’avait donné envie d’en apprendre sur les deux hommes. J’ai dû patienter 25 minutes pour que ma curiosité soit satisfaite, mais l’attente valait le coup.

Un seul comédien interprète les deux  rôles comme pour mieux renforcer l’idée d’un duo inséparable, de deux amis qui se ressemblent. Enorme bravo à Stanislas Roquette, toujours dans la justesse, diction parfaite, il sait s’effacer pour que le public ne voit plus que l’âme de ses deux personnages, il les ressuscite.
 
© Clara Gay-Belile


On rit beaucoup en écoutant les mémoires de Barrault, tout est si bien décrit qu’on a parfois l’impression d’avoir partagé quelques bribes de sa vie.

On est ému par cette grande histoire d’amitié qui se raconte dans les lettres d’Artaud ou les souvenirs de Barrault : deux fous fantasques qui alimentent chacun la créativité de l’autre, qui se comprennent dans le délire.

On regrette qu’Artaud se soit fait complètement emporter par cette folie, au point d’être interné. Ses derniers écrits à son ami sont particulièrement poignants, ils reflètent un appel à l’aide désespéré, comme si Barrault était encore le seul point rationnel de sa vie.

On comprend vite que la fin sera tragique. Pour ne pas sombrer à son tour, Barrault devait mettre de la distance entre eux. 

Presque plus fort qu’une histoire d’amour, un drame réel magnifique où des destins se séparent pour le meilleur et pour le pire.
Morgane Delattre

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